ELECTRONIQUE : Nanomade, en marche pour servir les marchés mondiaux de l’électronique

La technologie tactile s’est imposée sur quasi tous les téléphones portables et les tablettes fabriquées dans le monde. Nanomade vise entre autres ces marchés à gros volume. Cette startup toulousaine a développé un capteur tactile de pression en nanotechnologie imprimable sur tout type de surfaces souples capable de mesurer la pression d’appui sur la surface en plus de la localisation avec une sensibilité du gramme jusqu’à plusieurs dizaines de kilogrammes.

« Notre technologie est très différentiante et innovante, par sa sensibilité, sa flexibilité par rapport à des solutions comme le 3D Touch d’Apple » indique Faouzy Soilihi (1) qui dirige l’entreprise. Cinq associés sont à l’origine de Nanomade dont plusieurs  dirigeants issus de Motorola Mobility à Toulouse. L’idée de départ était d’associer les compétences en intégration de systèmes embarqués sur mobile  maîtrisées par les fondateurs avec les nanotechnologies.  La technologie de base provient d’une collaboration avec le Laboratoire toulousain de physique et chimie en nano-objet, le (LPCNO-Nanotech), une unité mixte de recherche de l’INSA-CNRS-UPS. Les développements sont réalisés avec le concours de la plateforme technologique Renatech du Laas. Les brevets déposés à l’international comprennent le process et le capteur, utilisés pour l’impression en nano. « Notre technologie s’intègre dans les processus de fabrication actuels des écrans en ajoutant simplement une étape de fabrication avec la production du capteur via des imprimantes industrielles haut-débit à jet d’encre ». Nanomade prévoit soit de fabriquer elle-même les capteurs pour des marchés de niche, soit de licencier la technologie en fournissant l’encre. La technologie permet de rendre tactile tous types d’écrans (rigides ou souples).

Lancée en 2009, le concept a été distingué par le prix régional de l’innovation  en  2010 et par le prix Frost & Sullivan sélectionné après un benchmark mondial avec deux autres technos. En 2014, Nanomade était présenté lors du show annuel de Samsung en Corée.

Après avoir connu un incident financier et un plan de redressement en  2015 suite à la défection soudaine d’un client,  Nanomade est repartie, avec son équipe de R & D de 4 salariés, une dizaine prévue fin 2016. « Cette épreuve a ressoudé autour du projet, l’équipe, les actionnaires et nos partenaires et fournisseurs qui nous font confiance ». Nanomade bénéficie pour les contacts commerciaux à l’international principalement sur le marché clé des grands fabricants d’électroniques en Asie, de l’appui du cabinet Blue Galaxy fondé par Jean-Claude Rassou, actionnaire de l’entreprise, ex-dirigeant de Motorola France. Trois développements sont en cours avec des acteurs mondiaux et un contrat structurant va permettre de finaliser l’industrialisation de la technologie pour des applications électroniques de gros volume. Nanomade cible plusieurs cibles croisées, le marché des display, le  médical, les objets connectés et l’industrie. En parallèle, l’entreprise garde un pied dans la R & D avec le Laas dans le cadre d’un projet ANR avec de nouvelles idées et brevets en perspective. Le potentiel est jugé très important entre autres dans les objets connectés.

(1) Ingénieur chez Motorola Mobility à Toulouse dans le département intégration des nouvelles technologies puis un MBA-HEC en 2010-2011 avant de rejoindre Nanomade.

 

Les applications :

Dans le médical pour intégrer le capteur de pression dans les outils de diagnostics.

En apportant le tactile aux écrans souples utilisées dans l’industrie, les systèmes embarqués…

Le tactile pour la robotique en donnant la fonction du toucher.

Dans les accessoires par exemple en apportant aux montres de luxe sans changer le design, le tactile et les fonctions du 3D touch.

 

Article diffusé par JL Bénédini le 03/06/2016